Encore une extension de porcherie inacceptable
Le projet d’extension de la porcherie de Kerdadic à Irvillac n’est pas une simple évolution d’exploitation. C’est un changement d’échelle majeur, qui porterait l’élevage à près de 4 900 places d’engraissement. Dans un territoire déjà sous forte pression environnementale, ce projet soulève de graves inquiétudes.
Un modèle d'exploitation familiale… qui cache une autre réalité, une nébuleuse d'exploitations constituant de fait une véritable holding familiale. Comprenant au moins trois autres élevages porcins, celui de la SCEA de Trébeolin celui de la SCEA Martin et celui de la SARL Kerdoncuff. Cette dernière, exerçant une activité de naisseur-engraisseur, fournit la SCEA Kerdadic (entre autres) en porcelets après sevrage.
Derrière l’image d’une exploitation « familiale » se cache en réalité un enchevêtrement de sociétés étroitement liées, concentrées autour d’une structure pivot lourdement endettée. L’analyse économique présentée au public est partielle, fragmentée, et ne permet pas d’apprécier la solidité réelle du montage financier. Peut-on engager 1,5 million d’euros d’investissement uniquement à crédit, sans démonstration claire de viabilité ?
L’étude d’impact, censée éclairer le débat, comporte de nombreuses approximations : incohérences sur les consommations d’eau, absence de données complètes, imprécisions sur les émissions d'ammoniac, sous-estimation des effets cumulés des épandages. Le tout comparé à une exploitation théorique qui n'existe plus pour montrer sa "performance" ! Le plan d’épandage lui-même apparaît largement théorique, avec des parcelles situées à très grande distance et certaines difficilement exploitables en pratique.
Surtout, ce projet ajouterait encore de l’azote dans un bassin versant déjà fragilisé. Les cours d’eau du secteur et les anses littorales voisines subissent depuis des années les conséquences des excédents agricoles : eutrophisation, proliférations d’algues vertes, dégradation des milieux aquatiques. Mais dont le dossier ne dit mot. Continuer dans cette voie, c’est refuser de tirer les leçons du passé.
Nous ne contestons pas le droit d’exploiter. Mais nous affirmons qu’un projet de cette ampleur doit être exemplaire, transparent et irréprochable. Ce n’est pas le cas ici.
À l’heure où la protection de l’eau devient un enjeu vital, nous appelons les citoyens, les élus et les services de l’État à faire preuve de responsabilité. Notre territoire mérite mieux qu’une fuite en avant productiviste.
C’est pourquoi nous avons émis un avis défavorable.
Lire notre déposition à l'enquête publique : 20260210Kerdadic-Irvillac-depositionERB-Vweb.pdf
