Retour du saumon : malheureusement, c'était une blague

02 avril 2020
Retour du saumon : malheureusement, c'était une blague

Contrairement à ce que nous annoncions hier à la une de notre site, le confinement et le ralentissement de l'économie n'ont pas produit de miracles pour la biodiversité. La situation des poissons migrateurs reste toujours critique.

 

L'Appel du 1er avril reste d'actualité, car au-delà de l'épisode coronavirus, d'autres tragédies nous guettent. Le dérèglement climatique et de la 6e extinction de masse des espèces nous obligent à réinterroger la place de l'homme dans la nature.

Cet Appel du 1er avril rejoint d’autres appels et démarches sur tous les aspects de nos vies, en commençant par la place de la santé, des solidarités et des autres besoins élémentaires et essentiels partout sur la planète.

Nous proposons avec toutes les associations du mouvement France Nature Environnement de travailler ensemble, ici et ailleurs, à un projet citoyen, pour construire «le monde d’après ». Créons, dès aujourd’hui, le monde d’après, solidaire, démocratique, sobre et donc éco-logique !

 

Pour en revenir au saumon...

 

La mise à jour en juillet 2019 de la liste rouge des espèces menacées montre une situation toujours préoccupante pour les poissons d’eau douce dans l’Hexagone : sur les 80 espèces de notre territoire, 15 apparaissent menacées de disparition. Le bilan s’aggrave même, puisque 39 % des espèces sont désormais menacées ou quasi menacées contre 30 % en 2010.

Sur les 28 poissons d'eau douce de Bretagne :

 

  • 1 espèce a été classée en danger critique d'extinction : l'anguille européenne
  • 1 espèce en danger : la grande alose
  • 2 espèces, quasi menacées : le saumon atlantique et le brochet
  • 18 espèces, dont la lamproie marine, ont été classées en préoccupation mineure.

Quelques infos extraites de l'Observatoire des poissons migrateurs de Bretagne

 

Vulnérable Saumon

La Bretagne est la région de France qui héberge le plus de populations de saumon atlantique (environ 25 rivières à saumon).

 

Le saumon Atlantique est classé comme VULNERABLE en France par l'Union internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Sont en cause principalement l'accessibilité aux milieux favorables à leur reproduction, la qualité de l'eau et la dégradation des habitats de croissance en mer.

 

La Bretagne a une responsabilité particulière dans la préservation et la restauration du saumon. L'amélioration de la circulation et de la qualité des habitats permet d'augmenter les surfaces de production et ainsi, la production de jeunes.

 

Un grand nombre d'études sur la biologie du saumon Atlantique a été mené sur sa phase de vie en eau douce. On connaît aujourd'hui les principaux facteurs limitant la réussite de la reproduction, le développement des œufs dans les frayères et la croissance des tacons. Les scientifiques s'accordent pour dire que le problème se situe en mer. Cela ne veut pas dire qu'il faut cesser les efforts de protection de l'espèce en eau douce, au contraire !

 

Les générations de saumons de l'Atlantique Nord se renouvellent en quelques années. Ces populations sont donc capables de répondre rapidement aux mesures prises (en comparaison des anguilles dont le cycle de vie est en moyenne deux fois plus long).

 

Les populations d'aloses sont fragiles en Bretagne

 

Les effectifs restent faibles et fluctuent fortement d'une année sur l'autre. Les capacités d'accueil des rivières bretonnes sont limitées vis-à-vis de ces espèces. Il n'en demeure pas moins qu'elles peuvent constituer des zones refuges pour les aloses en régression en France.

 

Les deux espèces d'aloses sont classées comme vulnérables au niveau européen en raison de la très forte réduction de son aire de répartition et des menaces qui pèsent sur ses habitats en eau douce.

 

En France, l'alose feinte est quasi-menacée et la grande alose est passée de statut "en danger critique d'extinction" récemment suite à la mise à jour de la liste Rouge suivant les critères de l'UICN.

 

En Bretagne, la grande alose est classée en danger du fait de son aire de répartition limitée (principalement sur la Vilaine, le Blavet et l'Aulne) et des fluctuations importantes du stock selon les années. Ce classement est à nuancer. Historiquement, les aloses fréquentaient peu les cours d'eau bretons - à l'exception depuis les années 1980 de la Vilaine et l'Aulne). Sa présence s'est renforcée récemment avec l'augmentation de la température de l'eau (changement climatique) et une distribution marine plus nordique de l'espèce, à l'instar de beaucoup de poissons marins, entraînant une plus large dispersion des individus à partir des grands fleuves. La grande alose apparaît plutôt comme une espèce en phase de colonisation. Les faibles capacités d'accueil des cours d'eau bretons se traduisent pas des effectifs qui restent souvent faibles et qui fluctuent naturellement très fortement d'une année sur l'autre. La responsabilité de la Bretagne vis-à-vis de la grande alose a été considérée comme majeure au regard de la chute de ses populations en France.

 

En Bretagne, les données sur l'alose feinte sont rares et ne permettent d'évaluer son abondance et son aire de répartition. L'état de conservation de l'alose feinte n'a pu être déterminé mais la responsabilité de la Bretagne vis-à-vis de cette espèce a été considérée comme très élevée.

 

A l'heure actuelle, la principale menace demeure l'entrave à la libre circulation des populations d'aloses, dont les capacités de franchissement des ouvrages sont limitées, empêchant l'accès à des zones de reproduction nouvelles voire historiques. Les aloses sont contraintes de se reproduire en aval des obstacles sur des frayères forcées où la survie des œufs est moindre. L'exploitation par la pêche professionnelle peut également s'avérer une menace, comme c'est le cas sur la Vilaine.

 

La plus grande attention doit être apportée à ces 2 espèces en raison des fluctuations actuelles du milieu marin lié au dérèglement global du climat.

En savoir plus sur le site de BGM

 

L'anguille à un niveau critique

 

Les effectifs d’anguilles sont en déclin au niveau européen au moins depuis les années 1960. Cette chute s’est traduite par une forte diminution des arrivées de civelles (recrutement). Elles n'atteignent aujourd’hui que 10% des arrivées d'avant 1980.

 

Le déclin continu des arrivées de civelles depuis 1980 place aujourd'hui l'espèce à un niveau critique. De multiples pressions s'exercent sur l'anguille : pêche à tous les stades, construction de barrages, pollution, assèchement des marais et zones humides, introduction de parasites...

 

Les débarquements à l’échelle européenne et les indices d’abondance au stade civelle indiquent un déclin continu de l’espèce, dont les niveaux d’abondance se situent à un niveau critique.

 

Malgré tous ces efforts, il est impossible de savoir si les mesures prises seront suffisantes pour assurer la survie de l'espèce. En outre, on ne sait pas si l'objectif fixé dans le plan de gestion de l'anguille européenne (proportion de 40% des anguilles argentées qui partent en mer) permet d'assurer la survie de l'espèce. Une chose est sûre cependant : le nombre de jeunes continue de diminuer... et les prévisions ne sont guère optimistes.

En savoir plus sur l'anguille, sur le site de BGM

 

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