Saccage à l’aérodrome de Guiscriff, Eau & Rivières dépose plainte !
Nos bénévoles ont donné l’alerte début décembre sur Sentinelles de la Nature et sont retournés à plusieurs reprises pour estimer les dégâts !
Un vrai champ de bataille ... mais pas l'ombre d'une consultation ou enquête publique pour comprendre ce qui s’est passé.
Seul indice, un article de presse locale qui mentionne une exigence de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) relative à la sécurité des vols et aurait imposé une fermeture de l'aérodrome ... ou une intervention radicale.
Nous retraçons quelques éléments qui nous inquiètent
Les photos parlent d’elles-mêmes, les milieux naturels autour de l’aérodrome ont sévèrement trinqué.
Ils abritaient des milieux humides boisés à tendance tourbeuse et la faune et flore associée. Des espèces d’oiseaux perturbés, des pontes de grenouilles perdues, des habitats de mammifères détruits ... En grande majorité, des espèces protégées atteintes soit physiquement, , soit via les impacts sur leur lieux de nourrissage, de reproduction, de repos ...
Toutes les parcelles ayant subi ces travaux sont classées naturelles et zones humides au Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) de Roi Morvan Communauté.


Aucune procédure prévue par le code de l’environnement et le code de l’urbanisme n’a été suivie à notre connaissance ... Or, même si l’aérodrome est géré par un SIVU (syndicat intercommunal à vocation unique), même si le Ministère de l’Aviation Civile peut donner des instructions, le code de l'environnement s’applique à tous !
Rappelons que les zones humides sont des infrastructures naturelles qui stockent, purifient et permettent l'infiltration de l'eau qui alimente les sources et nos cours d'eau, pas superflu par les temps qui courent ... Et, du fait de leurs capacités de stockage, elles contribuent en hiver à limiter l'impact des inondations.
Les zones humides affectées se trouvent en amont du secteur de Pont Lédan à Guiscriff, régulièrement inondé en période hivernale. Cherchez l'erreur ...
Sans réponse, Eau & Rivières de Bretagne a déposé plainte
Le 16 février 2026, notre association a demandé à la préfecture du Morbihan de lui communiquer le dossier administratif relatif à ces travaux. En l'absence de réponse, nous avons saisi la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs) qui confirme l'obligation de l'administration de nous fournir ces documents dans son avis du 24 mars 2026.
Notre relance de la préfecture le 07 mai 2026 est restée sans réponse à ce jour.
Parallèlement, nous avons déposé plainte devant l'OFB le jeudi 21 mai 2026.
Nous n'avons pas l'intention d'en rester là
Les services de l'Etat ont obligation de répondre sous 1 mois aux démarches du public, ne serait-ce que par un accusé de réception. La préfecture du Morbihan s'exonère systématiquement de cette obligation, en rupture totale avec le principe de transparence de l'action administrative et entrave la bonne application du droit dans l'intérêt général. Le dossier des destructions à Guiscriff est le dernier épisode d'une trop longue série.
Eau & Rivières est d'autant plus déterminée à obtenir satisfaction qu'il semble qu'une seconde tranche de travaux ait été prescrite !!
