État des lieux : des rivières toujours dégradées

19 décembre 2025
État des lieux : des rivières toujours dégradées

 

Le 10 décembre 2025, le comité de bassin Loire-Bretagne a actualisé son état des lieux avant de se lancer dans la rédaction du prochain SDAGE. Et la situation n’évolue pas, pire elle s’aggrave légèrement !


 

État des lieux ? SDAGE ?

 

En signant la Directive cadre sur l'eau (DCE), les membres de l'Union européenne s'étaient engagés à ce que 100 % de leurs masses d’eaux atteignent le bon état d’ici 2027, sauf très rares exceptions dûment motivées. En Loire-Bretagne, le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) qui s'était fixé un objectif de 61 % des masses d'eau souterraines, superficielles et marines en bon état, devait fixer le cadre de gestion pour l'atteindre.
 

À deux ans de l’échéance, des résultats toujours très mitigés

 

Alors que l’échéance s’approche à grand pas et malgré les nombreux programmes de mesures et d’actions mis en place par les acteurs pour se conformer au SDAGE depuis plus de 15 ans, malgré les milliards d’euros investis et financés en partie directement par les usagers, en partie par l’Agence de l’Eau (c’est à dire nos redevances sur les factures d’eau), la situation n’évolue malheureusement pas. Pire, elle se dégrade très légèrement.

 

L’état des lieux des masses d’eau du bassin Loire-Bretagne, élaboré par l’Agence de l’Eau et les services de l’État, soumis au vote du Comité de Bassin le 10 décembre 2025, est un document réaliste, c’est-à-dire qu’il donne la réalité des situations. Libre ensuite à chacun d’en faire son interprétation.

 

MELB.jpg

 

Globalement, en 2017, nous avions 24 % de masses d’eau en bon état sur le bassin Loire-Bretagne. En 2023, ce n’est plus que 21,4 % (les données sont en décalage de 2 ans avec la synthèse publiée). Pour la Bretagne on passe de 36 à 34 %.

 

etat_masses_eaux_2025.png
 

 

Nous sommes donc très en retard sur les objectifs fixés en 2019, a fortiori avec le cadre de la loi Grenelle 2 qui visait deux tiers des masses d'eau en bon état, et plus encore de l'objectif ultime de 100 %. C’est un échec.

 

Cet échec est le résultat de l’incohérence de nos politiques publiques

 

Et on peut se demander : s’il n’y avait pas eu de SDAGE, où en serait-on ? Beaucoup plus bas certainement. Les bénévoles des associations de protection de l’environnement qui siègent dans ces instances ont l’impression de ramer à contre-courant.

 

Quels sont donc les courants contraires ? Quand on sait que les principaux paramètres déclassant les eaux sont les pesticides, les nitrates et l’hydromorphologie, on a le droit de soupçonner les politiques agricoles en particulier (PAC européenne et lois françaises) de ne pas jouer le jeu (on l'a bien vu avec la loi Duplomb). Non seulement les règlements environnementaux sont assouplis, mais les taxes pour pollutions diffuses, promises à la hausse à de multiples reprises, sont réduites. Moins d’incitation et moins de réglementation pour diminuer les pesticides et les nitrates dans les eaux.

 

Les politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire méconnaissent aussi souvent la protection de la nature et de l’eau.

 

Dans ces conditions, les programmes d’actions pour améliorer la qualité de l’eau et des milieux aquatiques ne sont que des pansements sur des systèmes aquatiques malades. Quand est-ce que la politique de l’eau va s’imposer aux autres politiques ?

 

En Bretagne, il n’y a pas non plus d’évolution constatée. La Vilaine reste à 8 % de ses masses d’eau en bon état. Le centre Bretagne est aux alentours de 40 %, et l’Ouest à plus de 60 %. À savoir que l’Ouest de la Bretagne bénéficie de deux fois plus de pluies que l’Est (effet de dilution des pollutions) et de pentes de cours d’eau beaucoup plus accentuées qui permettent l’oxygénation et l'épuration de l’eau.

 

Concernant le littoral, la situation ne s’améliore pas non plus malgré des Plans de Lutte contre la prolifération des Algues Vertes (PLAV) qui se suivent, ainsi que des Plans d’Action Régionaux Nitrate (PAR) qui font régulièrement l’objet de contentieux pour insuffisance (la Cour des Comptes le dit !). Il y a toujours autant d’algues vertes sur nos plages et vasières. Malgré des sommes importantes injectées dans ces Plans, les concentrations en nitrates ne baissent plus en Bretagne depuis 2017.

 

Pour sauver nos milieux aquatiques et notre santé il va falloir une rupture.

 

Agenda

l m m j v s d
 
 
 
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29
 
30
 
31