Entre pluies et crues, quelles relations ?

27 février 2026
Entre pluies et crues, quelles relations ?

 

Les deux premiers mois de 2026 ont été extrêmement pluvieux, avec des records pulvérisés. Pourtant, en Bretagne, les crues n'ont pas été exceptionnelles. Alors, qu'y comprendre ?

 

La formation des crues dépend d'un ensemble de paramètres, dont l'intensité journalière (voire horaire), le cumul sur une durée, éventuellement la succession rapprochée d'épisodes plus intenses. Nous allons explorer ces notions avec trois années bien caractéristiques, même si l'histoire plus ancienne abonde en épisodes catastrophiques (1881 sur la Vilaine, orage du 4 juillet 1973 - 2 morts à Saint-Brieuc, série de crues de février 1974, janvier 1995 etc.) :

  • décembre 2000 à janvier 2001, 1 milliard d'€ de dégâts ;

  • janvier 2023, crues généralisées sur le bassin de la Vilaine ;

  • janvier et février 2026.

 

Utilisons une synthèse des pluies moyennes sur nos quatre départements bretons (source Infoclimat). Les trois courbes illustrent bien des rythmes très différents de cumul des pluies, même si les surplus sont toujours marqués.

 

graphique 1.png

 

On y découvre le cumul annuel des pluies depuis le 1er septembre, qui correspond en simplifiant, à la période où l'évaporation par les plantes devient plus faible que la pluie. Les sols stockent l'eau, l'infiltration vers les nappes débute un à deux mois plus tard, une part ruisselle si les pluies sont fortes ou les sols saturés d'eau : la crue peut survenir.

 

Agrandissons ce graphique :

 

graphique 2.png

 

2020 (en bleu ciel)

Au 12 décembre, les mois précédents ont été pluvieux (+11 %). Mais les pluies deviennent plus intenses à partir du 18 (+21 % de la moyenne) et le cumul excédentaire passe en 4 jours de 46 à 117 mm (= 33 %). Les sols sont saturés dans un premier temps, puis l'accélération importante provoque des débordements dans toute la Bretagne, petites et grandes rivières.

 

2023 (en vert)

Mi-décembre, un léger excédent de 5 % est constaté. Mais en 31 jours, l'excédent, c'est-à-dire la pluie qui tombe en plus de la moyenne, passe à 21 % (de 16 à 86 mm). Les pluies sont abondantes et un grand bassin comme celui de la Vilaine va connaître une grosse inondation quand les autres rivières de Bretagne seront loin de ces extrêmes.

 

2026 (en bleu foncé)

Au 5 janvier, les cumuls de pluie sont encore déficitaires de 7 % soit 25 mm. S'ensuit une très longue période bien pluvieuse, avec une succession de perturbations très actives. Au 19 février, l'excédent est de 30 %, soit +152 mm par rapport à la normale. Mais cette période dure 45 jours. On observe une succession de crues moyennes, la taille du bassin de la Vilaine explique une situation plus grave, les pluies soutenues à intervalles courts ne laissant pas aux eaux le temps d'arriver à la mer.

 

En résumé, pour avoir une crue, les ingrédients sont : des pluies soutenues, sur une période resserrée pour les petits fleuves côtiers, abondantes sur une période de l'ordre du mois pour la Vilaine.

 

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