Fortes pluies : un risque accru de pollution des cours d’eau !
En 2024, pollution de la station d'épuration de Landaul
En cette période hivernale particulièrement arrosée, notre association s’inquiète de la recrudescence des pollutions des milieux aquatiques…
Une situation hydrique exceptionnelle
Le mois de janvier a été marqué par des températures douces pour la saison, et des pluies très abondantes, avec des records de précipitations mensuels (mois de janvier le plus arrosé depuis 1959 à Quimper) et absolus en Finistère (351,8mm à Quimper, contre 144 en normale) et en Morbihan (358,8mm à Ploërdut). Et les prévisions ne sont guère rassurantes...
Conséquences : des sols détrempés et des inondations sur les bassins de la Laïta, de l’Odet, du Blavet ou de l’Oust. Mais, qu’en est-il pour les cours d’eau et les milieux aquatiques en général ?
Si globalement, la faune et la flore aquatiques s’accommodent plutôt bien de cet excès d’eau, favorable à la régénération des habitats et à l’oxygénation, apportant des nutriments, les poissons, qui fraient en hiver, sont plus malmenés. Leurs frayères ne supportent pas vraiment les changements de débits dans le cours d’eau. Elles peuvent être détruites ou colmatées par les sédiments en suspension dans l’eau. Si cet afflux d’eau s’accompagne de polluants, on imagine les dégâts !
Des débordements déjà constatés...
D’une part, les pollutions issues des débordements de fosses à lisier dans les élevages ou de stations d’épuration communales peuvent être favorisées par ces fortes précipitations ! Des incidents ont déjà ont pu être observés : débordement de station d’épuration à La Mézières (35), inondation de la station de Tréffiagat (29)… Et tous les débordements de fosses à lisier qui ne sont pas couvertes, recueillent les eaux pluviales et débordent, sans que cela ne soit déclaré.
On a même pu observer un épandage de lisiers sur des terres détrempées en Morbihan, ce qui est parfaitement illégal. Facteur aggravant, cet épandage était situé sur une zone de protection de la Mulette perlière, sur le bassin versant du Télléné... Si la distance réglementaire a pu être respectée (ici 20 mètres des berges du cours d'eau), la parcelle était si détrempée que le lisier n'a pu que couler dans le ruisseau et arroser les Mulettes perlières... espèces en danger, c'est-à-dire en voie d'extinction !
D’autre part, les fortes pluies combinées à une structure du sol dégradée (en raison de pratiques agricoles intensives), ou à un manque d’obstacle naturel (tel qu’un talus ou une haie à plat), favorise l’érosion des sols… Les particules de sols et les nutriments solubles viennent alors alimenter les cours d’eau, parfois en excès perturbant le milieu aquatique.
… que l’on peut arrêter !
Si vous constatez de telles pollutions de cours d’eau, prenez quelques photos et signalez-nous toute pratique ou tout rejet suspect sur le site Sentinelles de la nature !
En effet, la réglementation :
• interdit tout rejet de substances polluantes dans un cours d’eau ;
• interdit tout épandage de fertilisants (de lisier, de fumier ou d’engrais minéraux) sur sols détrempés, inondés ou enneigés ;
• fixe un calendrier d’interdiction d’épandage très précis (à télécharger ici !).
