Nos rivières ont déjà chaud, quelles perspectives pour le 15 juillet ?
Après cette deuxième vague de chaleur particulièrement éprouvante, ses conséquences sur les personnes (dont les plus âgés et les malades), les animaux d'élevage, les activités utilisatrices d'eau, essayons-nous à un peu de prospective : quelle sera la situation de nos rivières les plus importantes autour du 15 juillet.
Suite à la sécheresse 2022 et ses deux canicules (seulement !), Eau et Rivière a mis au point des petits modèles de tarissement pour évaluer la situation à terme de 15 à 45 jours, sur 23 sites hydrométriques de qualité. Ceux-ci ont été utilisés les années suivantes, en 2023 et 2025 notamment. A l'usage, il apparaît que leur efficience est perturbée par des période de pluies brèves mais intenses (comme par deux fois en juillet puis août 2025) et par l'impact de très fortes températures. Ainsi de nombreuses rivières ont vu leur débits baisser très rapidement dès samedi 20 juin 2026, puis se stabiliser voire remonter un peu une semaine plus tard, quand les températures ont bien baissé et que l'évaporation s'est réduite.
La météo nous annonce une période sèche et assez chaude de deux semaines sur toute la Bretagne. Les perspectives à terme restent sèches.
La situation au premier juillet 2026
A ce jour, l'Ille-et-Vilaine est en alerte, et la zone Seiche-Semnon, en alerte renforcée. Le Morbihan, qui a connu une période très difficile dans le secteur de Pontivy, est en alerte, sauf la zone Ellé, en alerte renforcée, pour permettre une dérogation pour les prises d'eau potable de Barrégant et Saint Yves, dans une zone très fragile .
La carte ci-dessous utilise les seuils réglementaires existants. A notre avis, ceux des Côtes d'Armor sont un peu élevés et l'image rassurante ainsi fournie masque une réalité plus tendue.

Sources : banque hydro, DREAL Bretagne, traitement et infographie ERB, 01/07/2026
Nos prévisions de situation au 15 juillet 2026
En vert : Vigilance en jaune : Alerte en orange : Alerte renforcée en orange cerclée rouge : proche de la crise en rouge : Crise
Si les débits sont pour l'heure supérieurs à ceux observés en 1976 (l'hiver 75-76 avait été très sec et les niveaux de nappe étaient probablement très bas, d'où des apports souterrains très limités aux rivières), ils sont dans plusieurs cas les deuxièmes plus faibles observés, à la même date, alors que depuis les besoins en eau ont augmenté. Par chance, les niveaux des retenues destinées à la potabilisation de l'eau sont bons. Et malgré l'absence de données de température de l'époque, les quelques températures mesurées fin juin sont déjà aux limites des espèces de poissons . Les milieux aquatiques seront en grande souffrance si l'été se poursuit ainsi, les assecs vont progresser rapidement, et la capacité épuratoire des rivières sera en berne
Et après ?
En gros, si la météorologie est stable, il faut s'attendre d'ici fin juillet au passage à un niveau de restriction supérieur (alerte, alerte renforcé, ou crise).
Et nous sommes obligés de constater que l'analyse des données de prélèvements par grandes catégories de préleveurs (urbain dense, urbain pavillonnaire, artisanat, hôtellerie légère, élevages fait encore largement défaut, à la fois pour les épisodes de canicule, mais aussi pour évaluer l'effet des mesures de restriction. Message que nous répétons depuis quatre ans...
Cessons de différer l'action, l'été 2026 n'est sans doute qu'un avertissement sévère, le pire est pour les années à venir.
