Sage Vilaine, du plomb dans l'air

16 janvier 2026
Sage Vilaine, du plomb dans l'air


Drôle d’ambiance ce vendredi à Sainte Marie près de Redon où se réunissait la CLE du Sage Vilaine, celle-là même qui avait été empêchée de se réunir le 11 décembre dernier par la FNSEA.
Cette fois, pas de tracteurs bloquant la porte, mais une vingtaine tout de même aux couleurs de la FNSEA rangés devant la salle. Deux groupes de manifestants séparés par des forces de l’ordre : Coordination rurale, JA, FNSEA d’un côté, Confédération paysanne, Agrobio, Eau et Rivières de Bretagne, Bretagne vivante et différentes organisations citoyennes de lutte contre les pesticides de l'autre.



Une réunion de CLE que le président Michel Demolder a tenu à maintenir, soutenu en cela par le président du Conseil départemental 35 et la maire de Rennes, mais surtout par la forte mobilisation citoyenne de samedi dernier et ce, malgré le moratoire sur la gestion de l’eau (lire l'actu sur ce sujet) annoncé par le gouvernement en début de semaine. Chambre d’agriculture et services de l’Etat ayant décidé de ne pas siéger, ces derniers répondant à la réserve imposée par le moratoire prononcé par le Premier Ministre, la séance s’est ouverte par un rappel des règles démocratiques de fonctionnement de ce parlement de l’eau, notamment que le public n’était pas autorisé à perturber le bon déroulement de la séance, comme c'est la règle dans les conseils municipaux jusqu'à l'Assemblée nationale.



C’est pourtant ce que vont s’évertuer à faire les leaders FNSEA-JA-CR, interpellant les uns après les autres (souvent de façon véhémente) les élus de la CLE et retardant de près d’une demie-heure le démarrage de la réunion. C’est finalement le collectif de citoyens, lui aussi dans les rangs du public, qui va finir par s’agacer de la situation d’obstruction que les 3 syndicats ont choisi d’adopter. Une attitude inacceptable en démocratie.
C’est aussi par la voix de Pascal Hervé, vice-président de Rennes Metropole et de Eaux et Vilaine, que la séance va retrouver un semblant de cohérence : “700 000 ha, mais ici on travaille sur les seules parcelles à risque fort d’érosion, 15 à 20 000 ha, qui bénéficieront de soutien financier de la part des consommateurs. Notre responsabilité, c’est de nous assurer que plus de 1 million de consommateurs, mais aussi nos industries, vos laiteries, vos abattoirs,... puissent disposer d’eau potable. C’est une question de santé publique, de bonne santé économique, et il n'est plus le temps d'attendre”.
Le premier point de l’ordre du jour a ensuite pu être abordé, non sans mal. Il portait sur le système de financement de la règle n°1 d’interdiction des herbicides pour laquelle plus de 26 M€ sont budgétés…. Mais même quand le contribuable met la main à la poche, ça ne convient pas, et de nouveau des prises de parole intempestives vont se multiplier.



Au final, la réunion a bien eu lieu, mais personne n'est dupe : la prise d'otage de l'eau par une minorité d'acteurs économiques se poursuit. Personne aujourd'hui ne peut affirmer que le processus de révision du SAGE pourra aller à son terme. Le gouvernement, sans majorité à l'Assemblée nationale, complètement instrumentalisé par des syndicats agricoles qui ont adopté la post-vérité trumpienne comme religion, prépare un remake de la loi Duplomb. Nous étions 3000 samedi à Rennes, nous étions 2 millions cet été dans toute la France, mais ce n'est pas encore assez pour enrayer la machine de l'illibélarisme qui détruit tout sur son passage et nous promet des jours bien difficiles.



La question du jour n'est pas qu'une question d'eau, elle va bien au-delà. C'est aussi la question de savoir quelle eau léguerons-nous à nos enfants, et d’une façon plus générale dans quelle démocratie nous voulons vivre ?

 

Lire la réaction du président de Région à l'issue de la CLE

 

Lire le communiqué de presse des Syndicats majoritaires

 

 

 

Agenda

l m m j v s d
 
 
 
 
 
 
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28