Selon des experts c'est l'or qui intéresse Breizh Ressources
SystExt, une association française composée d’experts des questions minières, vient de publier une étude sur les trois permis de recherches minières accordés à l’entreprise Breizh Ressources. Ses résultats viennent appuyer nos alertes sur les motivations réelles des porteurs des projets. Ce qui ne manque pas de nous questionner sur le niveau de confiance que l’on peut accorder au service instructeur de l’État.
En quoi consistent les permis de recherches de mines ?
Un permis exclusif de recherche de mines ou PERM permet, en exclusivité, à l’entité qui le détient - ici l’entreprise Breizh Ressources (filiale d’une entreprise canadienne basée aux Bermudes) - de procéder à des travaux d’exploration en vue de découvrir des gisements de substances minières.
Une fois accordés, ces permis ouvrent une voie royale vers une concession d’exploitation, comme l’indiquait d’ailleurs l’autorité environnementale dans son avis de 2025 : « le code minier garantissant au titulaire d’un PERM le droit exclusif de présenter, après enquête publique mais sans mise en concurrence, une demande de concession pour les substances autorisées ».
Vraiment des projets pour la transition énergétique ?
Il s’agit de trois PERM concédés par le Ministre délégué à l’Industrie à l’entreprise Breizh Ressource le 3 décembre 2025 :
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Le permis EPONA concerne 4 communes sur le territoire du Pays de Lorient (51,05 km²)
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Le permis TARANIS concerne 20 communes sur l’est du Morbihan, le sud Ille-et-Vilaine et le nord-ouest de la Loire-Atlantique (359,5 km²)
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Le permis BELENOS concerne 18 communes des départements de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire (440,88 km²)
Ces trois permis ciblent une quarantaine de substances parmi lesquelles l’or, le lithium mais aussi l’antimoine ou le plomb dont les toxicités sont bien connues. Depuis plusieurs mois déjà, l’entreprise multiplie les déclarations publiques afin de rassurer sur ses intentions. On peut ainsi lire sur son site que ces projets ont vocation à « cartographier les éventuelles ressources minérales » afin d’identifier des « ressources essentielles à l’industrie nationale »… « notamment pour sa transition énergétique (éolien, solaire) et sa capacité d’innovation (numérique, voiture électrique). ».
Des affirmations remises en cause par les experts
L’association française SystExt qui regroupe des experts du secteur minier s’est penchée sur la véracité de ces déclarations et vient de publier une étude accessible en ligne.
Si les experts rappellent bien les limites qu’ils ont rencontrées dans la rédaction de l’étude (difficulté d’accès à certaines données, incertitudes pour d’autres...), ils concluent néanmoins que « Tous les éléments recueillis par SystExt corroborent la probabilité que les trois projets ne puissent se concrétiser que sous forme d’exploitations aurifères avec peu de coproduits, et qu’ils ne permettent pas de viabiliser la production de métaux considérés comme nécessaires pour la transition énergétique ».
A la lecture de cette étude approfondie, plusieurs questions se posent.
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Pourquoi l’arrêté porte t-il sur autant de métaux différents alors que les gisements de plusieurs d’entre eux sont rarissimes à l’échelle mondiale et ne sont pas présent en France.
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Pourquoi la communication de l’entreprise auprès du grand public se concentre-t-elle autour de la transition énergétique alors que les potentiels miniers identifiés à ce jour orientent vers la recherche d’or ?
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Pourquoi l'entreprise occulte-t-elle que les minéraux de la transition ne sont pas associés aux types d'indices minéralogiques reconnus sur la zone, que leur séparation est difficile et ne se fait dans quelques installations seulement dans le monde
On ne peut qu'en déduire que cette liste vise en réalité à faire croire que le projet de recherche servirait à s’adapter au changement climatique - ce qui reste encore à prouver - alors que, dans les faits, il semblerait que les potentiels se concentrent autour de l’or dont la valeur monétaire à doublé en 3 ans et qui n’est pas à proprement parler un minerais « rare » !
On se mobilise contre ces projets destructeurs
Ces permis semblent donc être donc uniquement spéculatifs pour les intérêts de quelques investisseurs au détriment du territoire et de ses habitants. Or rappelons qu’il n’y a pas de mine propre, c’est même une des activités humaines les plus polluantes. L’activité minière génère des conséquences que l’homme ne sait pas maîtriser et qui impactent irrémédiablement l'environnement, ici comme ailleurs. Le fondement même de la demande semble donc être remis en cause par cette étude, nous nous étonnons donc que les services instructeurs nationaux aient pu laisser croire au public que les PERM pourraient éventuellement contribuer à la transition énergétique. Il est pourtant dans leur rôle, ou dans celui du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies dont l'avis est requis, d'analyser les demandes et de faire part de leurs doutes sur de tels propos.
Nous demandons donc une nouvelle fois au Ministre de retirer les autorisations accordées à l’entreprise. Nous allons aussi solliciter une rencontre avec les Préfets concernés dans les plus brefs délais.
En outre au vu de ces résultats, nos recours, engagés avec 20 autres organisations sont plus que jamais d’actualité. Or ces actions en justice sont exigeantes, longues et coûteuse. Il reste toujours possible de nous soutenir grâce à un appel à dons qui se clôture dans un mois.
